DU RÊVE À LA RÉALITÉ!

L’histoire de la ferme Beaulieu débute par un rêve : celui de vivre confortablement sur une terre de culture où paissent paisiblement des animaux. C’est en juin 1920 que Georges Bruno Beaulieu, un fermier de Lingwick, devient propriétaire de la magnifique maison et de la ferme incluant tous les animaux et les outils aratoires.

George Beaulieu s’y installe avec son épouse Annie, leurs dix garçons et deux filles. Tous participent au travail sur la ferme : à la culture des fruits et légumes, à l’élevage des vaches, de porcs et des poules, à la fabrication de sirop d’érable, à la coupe du bois de chauffage et de construction. On parle alors de ferme de subsistance où tous les membres jouent un rôle essentiel au bien-être familial.

Puis, la ferme change peu à peu de vocation pour laisser la place à la production laitière. Au gré des achats et des occasions, la famille augmente son cheptel de vaches Holstein de qualité et élabore une petite laiterie artisanale. Le lait frais est embouteillé à la ferme et livré tous les jours, de porte en porte, dans les villages environnants en direction de Sherbrooke.

SAISIR LES OPPORTUNITÉS

La petite laiterie artisanale de la ferme de George Beaulieu va bon train. Mais l’arrivée de la crise économique de 1929 change la donne et oblige la famille à redoubler d’effort pour se maintenir à flot.

À ce moment, son épouse Annie a la bonne idée d’ouvrir le deuxième étage de la maison aux touristes, principalement aux Américains qui viennent en vacances pour quelques jours ou quelques semaines. On parle des balbutiements de l’agrotourisme!

La Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) change également la réalité agricole. La productivité des fermes augmente considérablement tout comme leur taille moyenne et leur qualité. La ferme Beaulieu fait figure de précurseur à ce niveau. En effet, Georges remporte plusieurs prix à diverses expositions pour la qualité de son troupeau de vaches purs sangs. En 1941, il se mérite même la Médaille Or de l’Ordre national du mérite agricole.

Mais aux mois de juin 1942 et 1943, deux grosses inondations, considérées comme les pires du XXe siècle, détruisent la ferme. La famille Beaulieu n’a d’autres choix que de vendre son magnifique troupeau élite et de repartir à zéro.

Le 13 février 1947, Henri-Louis, un des fils, décide de reprendre la ferme. Afin d’en assurer la survie financière et la rentabilité, il achète seulement quelques bêtes, exploite la sucrerie à fond et met des poules dans le poulailler. De son côté, son épouse Liliane développe une petite production maraîchère qui prend de plus en plus d’importance au fil des ans. Outre les fraises et les framboises, elle cultive des variétés de légumes encore peu populaire : tomates, brocolis, choux fleurs, concombres, courgettes… Les gens des environs se pressent pour acheter directement les savoureux produits de la ferme.

Tout comme son père avant lui, Henri-Louis gagne plusieurs prix aux expositions et foires agricoles.

Le temps de la livraison du lait porte à porte est bel et bien fini! De 1947 à 1974, la ferme Beaulieu vend directement son lait à la Laiterie Fairview de Lennoxville. Puis, au début des années 1970, la nouvelle Commission canadienne du lait change le paysage avec les nouveaux quotas laitiers. L’agriculture québécoise passe à un autre niveau.

POUR LE GOÛT DES PRODUITS

Depuis 1920, la famille Beaulieu joue un rôle important dans le paysage agricole des Cantons-de-l’Est. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la ferme devient un membre actif de l’industrie laitière au Québec. Mais en avril 1982, une importante inondation joue un rôle imprévu dans l’histoire de la ferme Beaulieu. Les dommages matériels sont considérables et tout le troupeau de vaches de purs sangs est décimé.

Mais quand l’agriculture coule dans notre sang… Voilà pourquoi malgré les lourdes pertes engendrées par l’inondation, Henri-Louis, ses fils Luc et Jean-Guy décident de travailler ensemble à un nouveau chapitre de l’histoire de la ferme. En une dizaine d’année, les trois hommes reconstruisent le troupeau de vaches élites et repartent la production laitière.

L’histoire bifurque toutefois en 1993. Henri-Louis se retire des activités, Luc décide de se concentrer exclusivement à la culture maraîchère et Jean-Guy poursuit la production laitière. Naît alors Le Marché de la Ferme Beaulieu. Luc souhaite développer un lieu d’échanges et de compréhension entre les mondes urbain et rural.

Concrètement, il travaille à cultiver des légumes sur une plus longue période de l’année en utilisant une méthode de culture différente : des milliers de semis de tous les âges sont plantés manuellement à tous les 10 jours, durant l’été. Très manuel et aimant le travail bien fait, Luc délimite une petite parcelle de terre pour chaque culture : maïs sucré, betteraves, oignons, carottes, navets, laitues, épinards…

En 1995, toujours dans le but de répondre le plus adéquatement possible aux demandes de la clientèle, Luc construit un four à bois pour y cuire du pain de façon artisanale. Il s’inspire de vieux bouquins pour dessiner un plan et ériger un four en pierres. Les consommateurs sont conquis… mais en demandent encore plus!

Toujours à l’écoute, Luc Beaulieu innove en installant une grande cuisine pour concocter des plats cuisinés, des desserts, des douceurs… Le vent dans les voiles, Le Marché de la Ferme Beaulieu offre des aliments d’une fraîcheur remarquable et des produits transformés d’un goût authentique.

Au fil des ans et des innovations, Le Marché de la Ferme Beaulieu développe donc un lien de confiance avec les consommateurs. Toujours à l’affût et à l’écoute, Luc transmet avec amour et respect les résultats de sa passion et de son travail à tous les consommateurs qui en connaissent de plus en plus sur la culture et la santé. Ensemble, ils développent une relation basée sur la compréhension d’une agriculture de proximité.

Se faire du bien pour faire du bien!